Anathazerin scénario 11 - Besoin de conseil 5
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Bonjour, mes PJ sont arrivés au pied de la forteresse de Jorel et je bloque sur la façon de jouer cette partie du scénario. S'ils entrent dans la forteresse et démarrent un combat, le bruit de manquera pas d'alerter tous les géants de la forteresse...issue certainement fatale...
Comment me conseillez vous de jouer ce passage?
Merci
- Ulti
Salut,
cela remonte à plusieurs années, de tête mes joueurs avaient choisi l'infiltration.
Si tu décris le risque sans édulcoré, et que les joueurs décident malgré tout de se jeter dans le tas sans précaution, tu ne peux pas (enfin si tu peux, chacun ses choix à sa table) rattraper, sinon ils peuvent avoir une sensation d'impunité ou de toute puissance, qui rapidement amène de la frustration : à vaincre sans danger ...
S'ils la jouent bourrins ils peuvent terminer prisonniers, peut-être pour un échange avec un seigneur de guerre d'un camps ou del'autre (sacrifices ou retour). Le coût en temps, réputation et possessions peut vite grimper selon tes envies.
Si tu veux donner un avertissement gratuit tu peux ajouter un géant un peu isolé, qui les attaques suffisamment loin pour éviter d'alerter tout le monde (un géant muet ?) et qui, même s'ils gagent le combat à eux tous, le montre le très grand risque à poursuivre en violence pure.
Chez moi, tous les groupes ont choisi de passer au-dessus en volant. À ce niveau là, c'est assez facile d'éviter l'obstacle...
Pour mes joueurs, le passage du Col de Jorel avait donné ça (spoiler : ça avait été tendu, et c'est une scène qui les a marqué autant que leurs personnages) :
Jour 10
En milieu de matinée, les héros arrivent au pied d'un col situé bien plus haut que leur dernier campement. Le col en question est encadré par deux pics vertigineux qui ne se distinguent qu'avec peine entre les nuages, et le dernier rêve de Maëldor est très clair : il leur faut emprunter ce col pour rejoindre la vallée qui se trouve au-delà. Difficile évidemment d'évaluer l'altitude à laquelle sont rendus les héros, mais ils ont rejoint les limites de la neige éternelle depuis déjà quelques jours, les moins robustes d'entre eux ont le souffle bien court, et à cette altitude et ce vent glacial, l'aigle de Arnvald reste la plupart du temps niché dans une couverture que le chaman a nouée autour de son torse.
L'acuité visuelle de Abigadill lui permet de distinguer à travers le blizzard la présence d'une forteresse massive, nichée au niveau du col à la jonction de la base des deux pics. Parmi ses compagnons, seul Arnvald parvient, en plissant les yeux, à distinguer quelque chose qui pourrait en effet être une forteresse, mais sans pouvoir l'affirmer.
Un chemin incertain, bien qu'assez large serpente le long de la montagne en direction du col. C’est la seule voie d’accès praticable à pied sans escalade. L’ascension jusqu’au col s'annonce extrêmement pénible. La pente est très raide, la chute dangereuse, et la neige rend la progression du groupe très lente. Et si, comme le craint Abigadill le col est fermé par une forteresse, il faudra se montrer prudent en attendant de savoir qui, ou quoi, se cache dans cette forteresse.
L'après-midi est bien entamé lorsque Abigadill, Maëldor et Kalden arrivent les premiers en vue de la forteresse. Massive, elle bloque totalement le passage entre les deux pics abrupts, comme le redoutait la rodeuse. Semblant construite sur deux niveaux apparents, sa seule et large ouverture, fermée d'une herse, est surplombée d'une terrasse (ou d'un chemin de garde) où un géant du givre fait les cent pas en surveillant les environs. A cette distance, Abigadill estime que le géant aux atours guerriers doit mesurer entre quatre et cinq mètres. Les héros décident de rester prudemment à l'abri, tandis que Abigadill descend en contrebas attendre l'arrivée de Pika et Arnvald. Pendant ce temps, Kalden et Maëldor trouvent un coin tout juste assez plat pour pouvoir y installer le trou portable. Et c'est seulement deux heures plus tard, au crépuscule, que les retardataires arrivent enfin.
A la nuit tombée, des braseros sont allumés sur le sommet de la forteresse, et les lumières de torches, derrière la herse, ou jaillissant des meurtrières situées ça et là, confirment que la forteresse est habitée, sans doute par plus d'un géant. Profitant de l'obscurité, Maëldor est envoyé en éclaireur pour juger de la possibilité de passer à travers les barreaux de la herse, une possibilité à envisager puisque tout semble dimensionné à l'échelle des géants. Placée une cinquantaine de mètres plus bas, prête à intervenir si les choses tournent mal, Abigadill le suit du regard. Pika est auprès d'elle, tandis que Kalden et Arnvald ont préféré, pour une évidente question de discrétion, descendre s'abriter au chaud dans le trou portable, quelques mètres en contrebas hors de vue de la forteresse.
L'habile voleur ne rencontre aucune difficulté à s'approcher discrètement jusqu'à atteindre la muraille. Adossé à celle-ci, il prend son courage à deux mains et jette un regard à travers la herse. Celle-ci donne sur un passage d'environ huit mètres de large qui se termine, une vingtaine de mètres plus à l'Ouest, par une seconde herse identique. La herse elle-même est de solide facture, s'il faut la forcer ce ne sera pas chose aisée, par contre, quelqu'un de peu épais, comme Abigadill, pourrait essayer de se faufiler entre les barreaux.
Un enorme loup blanc au pelage irrisé de cristaux de glace monte la garde au milieu du passage. Malheureusement pour Maëldor, la créature tourne la tête vers la herse Est au moment précis où il passe la tête dans l'embrasure. Immédiatement le loup hurle à l'intrus ! Abigadill entre en alerte, comme le sont certainement également les habitants de la forteresse. Manque de chance, dans sa précipitation à réagir, l'elfe laisse échapper un puissant éternuement qui résonne dans le silence nocturne ! Le géant qui montait la garde au-dessus de l'entrée se met à crier dans une langue inconnue. Levant la tête, Maëldor voit la silhouette du géant se découper dans la clarté lunaire, son bras gauche est tendu, l'index pointant la position d'Abigadill. Alors que presque simultanément, un souffle glacial jaillit entre les barreaux de la herse, vient lécher la position où s'est abrité Maëldor, et un rocher, projeté par le géant, s'envole du toit de la forteresse en direction de la rodeuse enrhumée.
Maëldor se jette en arrière pour éviter une partie du souffle glacial du loup arctique, et profite de l'absence de torche à l'extérieur de la forteresse, pour disparaître et trouver refuge dans un recoin de l'épaisse muraille. Malgré la distance et la pénombre, le rocher lancé par le géant n'atterrit qu'à quelques pas d'Abigadill. Poussant son ours devant elle, la rodeuse file se mettre à l'abri, hors de vue du garde. A côté d'elle, le rocher poursuit sa course dans la pente.
Bien installés dans le trou portable, Kalden et Arnvald, devisent tranquillement en dégustant une tisane. Quand un énorme KLONG résonne dans le trou alors que le rocher vient de rebondir sur le bouclier qui en ferme l'accès. Immédiatement les deux compères se précipitent sur l'échelle. Ils émergent du trou au moment où Abigadill et Pika les rejoignent, et que résonne dans la montagne le puissant son d'un cor. Aucun doute : la forteresse est désormais en alerte, et nul ne sait ce qu'il est advenu de Maëldor.
Dissimulé dans l'ombre de la forteresse, le voleur intrépide est aux premières loges lorsque sonne juste au-dessus de lui le cor d'alarme. Par l'étroite meurtrière située un mètre au-dessus de sa tête, il entend que l'on s'agite dans la forteresse, et il entend bientôt le mécanisme d'ouverture de la grille se mettre en mouvement. Plutôt que de fuir pour rejoindre ses compagnons, Maëldor décide de rester caché : si des géants sortent et laissent la grille ouverte, il aura peut-être une opportunité inespérée de se glisser dans la forteresse, et là il avisera.
Vite, les héros doivent prendre une décision : attendre que Maëldor les rejoignent à l'abri du trou portable, ou monter le chercher ? Portées par le vent, les puissantes voix d'au-moins deux géants parviennent jusqu'à eux. Si Maëldor est toujours là-haut il court un grand danger. Ils ne peuvent pas rester là les bras croisés et décident finalement de monter voir ce qu'il en est.
Soudain, un immense géant du givre, encadré par deux loups arctiques à son échelle, apparaît dans le champ de vision de Maëldor. Le voleur tente de se faire tout petit pour ne pas se faire repérer, malheureusement l'un des loups renifle sa présence et souffle immédiatement dans sa direction. Une nouvelle fois le froid glacial produit par la gueule du loup vient envelopper Maëldor qui résiste encore mais pour combien de temps ? Le géant s'adresse à lui d'une voix autoritaire, mais en une langue que le demi-elfe ne comprend malheureusement pas.
Les compagnons arrivent sur ces entrefaits, et découvrent la terrible scène de ce géant et ses deux loups qui tiennent en respect un Maëldor acculé. Ils constatent également qu'il y a désormais sur le chemin de garde non plus une mais deux silhouettes de massifs géants cornus qui se détachent dans la clarté lunaire, une dizaine de mètres au-dessus de Maëldor. Trois guerriers géants de presque cinq mètres de haut, et deux loups géants cracheurs de froid : il s'agit de la jouer fine s'ils veulent sauver le porteur de l'Einistar. Las, on ne se refait pas : à peine Abigadill arrive qu'elle décoche immédiatement une flèche sur l'un des loups, entamant ainsi les hostilités. Maëldor utilise alors les pouvoirs de l'Einistar pour immobiliser le géant et le second loup. Mais celui qu'Abigadill a attaqué riposte en soufflant un vent glacial dans sa direction, c'est tout le groupe qui en subit les conséquences ! De quoi calmer leurs ardeurs ? Que nenni ! Kalden charge le loup pour venir en aide à son ami, tandis que l'un des géants situé sur les remparts lâche au hasard un rocher qui manque de peu Maëldor. Du coup, Arnvald adresse une prière aux forces de la nature, qu'elles leur viennent en aide, et il est entendu : les héros sentent tous une énergie magique monter en eux et leur accorder quelques forces supplémentaires.
Réalisant soudain qu'ils ne feront pas le poids : Abigadill hurle "Fuyons !" avant de joindre le geste à la parole en s'enfuyant par le chemin, laissant leurs compagnons seuls. Dans leur fuite, un nouveau rocher les manque de peu et atterrit entre la rodeuse et son ours ! N'écoutant que son courage, à défaut des ordres d'Abigadill, Maelor se joint à Kalden pour combattre les loups arctiques. Mais faisant cela il s'expose dangereusement face au géant qui le domine de presque trois mètres ! Heureusement pour lui, au moment où le géant s'apprête à abattre sa hache sur Maëldor, Kalden plante si puissamment Tranch'grand dans le cou du loup que son épais sang bleu gicle jusqu'au visage du géant, incommodant au point de le faire reculer le temps de s'essuyer les yeux d'un revers de la main. Mais nul doute qu'il reviendra à la charge, d'autant plus courroucé que l'un de ses loups est désormais mort ! Des rochers continuent de pleuvoir des remparts, mais le plus souvent sans atteindre leur cible, tandis que Kalden et Maëldor s'attaquent au second loup et qu'Arnvald continue de prier pour eux. C'est alors que le chaman est percuté de plein fouet par un rocher qui lui fait perdre l'équilibre et l'entraîne dans la pente une quinzaine de mètres plus bas. Constatant que personne n'a daigné la suivre dans sa fuite, Abigadill quant à elle hésite désormais à remonter…
Armé de ses deux rapières, Maëldor enchaîne une double attaque main droite-main gauche sur le second loup, et s’extirpe aux côtés de Kalden. Le loup riposte mais le voleur encaisse. Kalden frappe d’un coup de hache le loup mais au même moment le géant, qui avait pris un peu de recul pour se débarrasser du sang qu'il avait reçu dans les yeux, rejoint à nouveau le combat. D’un moulinet de hache, il tente d'achever Maëldor, mais l'agile demi-elfe esquive, et la hache du géant vient se planter dans son animal de défense. Les deux loups sont maintenant au tapis lorsque Arnvald remonte la pente pour rejoindre Abigadill.
C'est alors qu'un troisième géant apparaît au sommet de la forteresse et hurle "ASSEZ !". Avant d'enchaîner : "De quel droit venez-vous ici tuer mes loups ? Fuyez ou craignez la colère de Jorel !". Autour de lui les trois autres géants retiennent leur coups, et alors que Arnvald et Abigadill reviennent sur ces entrefaits, Maëldor prend la parole pour tenter de négocier. Il explique que le fort est un point de passage clef et qu’ils sont près à payer le droit de passage. Kalden est étonné de la prise de parole de Maëldor mais il respecte le choix de son ami. Jorel, visiblement le responsable de cette forteresse, se montre particulièrement courroucé par la mort de ses deux loups et il ordonne ni plus ni moins aux héros de se constituer prisonniers. Un dialogue s'établit pourtant entre Maëldor et le géant, un échange durant lequel Maëldor tente de faire l’éloge du chef. Habile, il finit par obtenir un accord marchant pour dédommager la mort des deux loups et ne pas être fait prisonnier.
L'équipe repart bredouille, allégée de 250 pièces d'or, mais tous vivants et libres. Pour accompagner leur repli, Jorel leur crie du haut des remparts « Et ne vous avisez pas de revenir !». Une fois à l'abri de la vue des géants, le groupe installe le trou portable et descend à l'abri pour faire le bilan de cette soirée et préparer leur prochaine action. Mais pour commencer, Arnvald et Abigadill en profitent pour soigner tout le monde. Puis Arnvald à l'idée de se transformer en petite chouette des neiges et d'aller faire un tour de repérage au-dessus et à l'intérieur de la forteresse. Tout le monde trouve l'idée bonne, et certainement bien moins risquée que leur action précédente. On entrouvre la trappe-bouclier du trou portable pour laisser sortir Arnvald, et tout le monde attend dans l'angoisse et l'excitation le retour du chaman.
Ainsi changé en petit rapace nocturne, Arnvald n'a pas de difficultés (si ce n'est le vent glacial), pour atteindre la forteresse. Il commence par la survoler et constate que de du côté Ouest la pente redescend de manière aussi abrupte que celle qu'ils ont gravi côté Est. Le sommet de la forteresse consiste en une grande terrasse, de laquelle des trappes permettent de lancer des rochers sur le passage. Il y a d'ailleurs là deux géants en poste et plusieurs piles de rochers prêt à être lancés sur les importuns. La terrasse se prolonge ensuite en deux chemins de garde entourant l'étage de la forteresse. La structure remplit totalement l'espace entre les deux pics qui l'entourent et constitue véritablement un point de passage obligé pour passer d'un côté à l'autre du col.
Arnvald s'introduit ensuite dans le passage, où un troisième géant monte la garde, planté là dans le courant d'air glacial. Volant bien au sommet du couloir pour ne pas se faire remarquer, le demi-orque-chouette repère, au Sud du passage, le chenil où trône désormais les corps des deux loups, et dont les parois abritent les contrepoids des grilles, et au Nord un couloir fermé par une porte qui bloque l'accès au reste de la forteresse. De part et d'autre se trouve également ce que recherchait Arnvald : deux énormes roues permettant très certainement de manoeuvrer les grilles. Les roues font près de quatre mètres de diamètre, même si Abigadill parvient à se glisser dans la forteresse, il lui serait impossible de les manoeuvrer seule. Peut-être Kalden, mais le plus sûr serait de s'y mettre à deux.
Puis Arnvald sort par l'une des hautes meurtrières puis re-rentre par une autre pour explorer le reste de la forteresse derrière les portes closes. Il arrive dans une grande pièce de vie. Tout ici est à l'échelle des géants du givre, que ce soit la cuisine, les portions de nourriture, les tables, et les chaises, Arnvald note l'absence de cheminée. Par une porte entrebâillée il pénètre dans une chambre de laquelle échappe de lourd ronflements, il fait malheureusement trop sombre, même pour une chouette pour y voir quoi que ce soit, mais Arnvald dénombre trois ronflement distincts, quand il entend les gazouillis d'un bébé, enfin : un gros bébé vraisemblablement. La forteresse est donc habitée par une famille de géants !
Il s'envole ensuite à travers un escalier en colimaçon pour rejoindre l'étage. Il s'y trouve une pièce de garde qui sert également de réserve, un dortoir (d'où s'échappe un ronflement tonitruant), et des latrines. Enfin une porte donne sur la terrasse et les chemins de garde. Satisfait de sa visite des lieux, le changeur de forme s'en retourne au trou portable où l'attendent ses amis.
Une fois à l'abri Arnvald fait le récit de ce qu'il a vu et la discussion va bon train. Et maintenant, que faire ? Comment arriver à passer ? Arnvald suggère d'utiliser pouvoirs et potions (d'invisibilité, de forme éthérée…) ? Abigadill imagine organiser une diversion pour attirer les géants dehors ? Kalden défend l'idée d'une entrée en force et soulevant la herse ? Maëldor propose de s'introduire par la herse, une meurtrière (ou même par les latrines) et d'actionner le mécanisme des herses ? Ou alors ils pourraient tous escalader la muraille pour passer par le haut de la forteresse, mais dans ce cas comment faire avec Pika ? La discussion s'éternise tandis que les héros cherchent à mettre au point le plan infaillible et sans risque, si tant est qu'un tel plan existe. Fatiguée de ces palabres, Abigadill est la première à s'endormir.
Jour 11
Après une courte nuit le groupe de héros décide de rester dans le trou jusqu'au soir, et de profiter de la nuit pour mettre son plan à exécution : Maëldor escalade la forteresse pour attirer les géant sur la terrasse, et pendant ce temps, Arnvald (en chouette) et Kalden (grâce à une potion magique) rentreront dans la forteresse et ouvriront les herses. Malheureusement, aux alentours de la mi-journée, l'absence de nourriture devient un problème évident, et Abigadill décide de sortir, seule, pour aller chasser en contrebas de leur camp. Il a cessé de neiger, les nuages ont disparu, et le soleil dégagé offre une magnifique journée d'hiver. A son retour, la rodeuse note qu'il y a désormais deux géants du givre qui montent la garde depuis la terrasse de la forteresse, ils sont aux aguets, mais la rodeuse sait se faire discrète, et l'entrée du trou portable est dissimulé derrière un assez gros rocher. Abigadill ne rapporte pas assez à manger pour tout le monde, mais Arnvald se sacrifie, il mangera le lendemain.
Dans la seconde partie de l'après-midi, Abigadill entend du bruit à l'extérieur du trou portable. Silencieusement, elle grimpe l'échelle et sort le périscope. Mais tout ce qu'elle voit ce sont quatre jambes de géants qui arpentent les alentours du trou. Il faut dire, qu'avec les traces que les héros ont laissées dans la neige, il n'est pas étonnant que les géants s'intéressent à cet endroit. Heureusement que le bouclier est invisible ! Espérons que le périscope le soit tout autant !
"Si des géants sont sortis, il est possible que la herse soit présentement levée ! C'est notre chance !" annonce Kalden. Mais ses compagnons préfèrent rester prudents et attendre la nuit, comme prévu. Mais soudain : des coups sont portés sur le bouclier ! Abigadill rejette un œil : les géants sont désormais accroupis autour du trou, ils ont trouvé le bouclier et l'un des deux tente de l'ouvrir en tirant dessus. La rodeuse redescend dans le trou et Maëldor vient la remplacer au sommet de l'échelle. De sa main droite il se retient et se prépare à faire cracher les flammes de l'Einistar si par malheur les géants parvenaient à forcer l'entrée du trou. Kalden se tient juste en dessous de lui, et Abigadill prépare son arc tandis que Arnvald commence à prier.
Soudain, Maëldor sent le bouclier bouger un peu. Abigadill connaît trop bien Maëldor et devine ce qu'il va se passer ensuite… Le voleur ouvre le bouclier, jaillit entre les géants, et lève les mains en l'air en signe d'apaisement, une ruse pour permettre à ses amis de sortir le rejoindre avant que les choses ne dégénèrent… Mais lorsque Kalden sort à son tour du trou, l'un des géants se saisit du barbare ! Tandis que l'autre tient Maëldor en respect en le pointant de sa lourde hache. Arnvald se change en aigle et sort avec son compagnon volant pour survoler la scène, puis Abigadill sort enfin, suivie de Pika. Elle se glisse entre les géants pour prendre un peu de distance et préparer une flèche, et leur intime, en langue elfique de cesser immédiatement toute agressivité, affirmant qu'elle et ses compagnons sont là en amis. Malheureusement, il semblerait bien que ces géants n'aient aucune connaissance de la langue elfique…
Mais qu'importe ! Car entre-temps, Kalden a réussi à se libérer de l'étreinte du géant et après que le géant ait manqué de l'assommer avec le pommeau de sa hache, le puissant barbare réplique sans hésiter et sans retenir ses coups. Abigadill soupire : une fois de plus la tentative de négociation aura tourné court. Tant pis, elle décoche sa flèche et fait évidemment mouche. Et à partir de là, tout s'enchaîne. Arnvald et son aigle harcèlent les géants, tandis que Maëldor enchaîne les pirouettes et les glissades pour attaquer les géants dans le dos. Les flèches fusent et Kalden fait virevolter sa hache. Les bruits de l'affrontement ont tôt fait d'alerter la forteresse et déjà des rochers lancés un peu à l'aveuglette viennent rouler à quelques mètres de la zone de combat. Les attaques sournoises de l'assassin demi-elfe finissent par avoir raison d'un premier géant. Mais l'autre ne se laisse pas faire et dans un mouvement circulaire sa hache vient projeter Maëldor dans la neige, où le voleur inconscient se retrouve entre la vie et la mort.
Arnvald a repris sa forme demi-orque et invoque son masque du prédateur, mi-orque mi-panthère il se jette dans la mêlée pour soutenir Kalden qui semble quelque peu destabilisé par un reflet de soleil dans la neige immaculée. Abigadill commence à fatiguer, ses flèches se font moins précises. Mais Kalden reprend soudain du poil de la bête ! Serait-ce un effet du casque qu'il a hérité de son père ? Qu'importe… l'important est que le barbare se trouve animé d'un second souffle ! Alors qu'Arnvald est à terre lui aussi, Kalden se déchaine sur le second géant qui finit par fléchir, puis tombe à genoux, avant que la hache du barbare enragé ne vienne se planter dans sa carotide et inonder de sang la neige alentour.
Vite il faut remettre Maëldor sur pieds car le calme sera de courte durée : le chef des géant, Jorel, accompagné d'un troisième géant ont quitté la forteresse et descendent dans leur direction ! Et après avoir tué deux géants, il va clairement falloir faire une croix sur tout espoir de solution pacifique. Un cinquième géant se tient devant l'entrée de la forteresse et tente d'empêcher de sortir un groupe d'enfants, géants eux aussi. Une géante l'aide et une autre est montée sur la terrasse et lui fait passer des rochers. Pendant que Arnvald et Abigadill se pressent de réaliser quelques sorts et prières de soins pour redonner des forces à tout le monde, Kalden referme le trou et s’équipe du bouclier.
Arrivé à la hauteur du groupe, Jorel les invective en langage commun : "Je croyais vous avoir dit de dégager !". Et sans plus d'hésitation, les géants chargent, immédiatement imités par Kalden et Arnvald : le choc sera rude ! Abigadill tire une flèche sur Jorel, et conscients de la menace que représente le chef des géants, les compagnons concentrent leurs attaques sur lui. Le combat est terrible. Arnvald est le premier à tomber, mis hors combat par un rocher lancé depuis le parvis de la forteresse. Puis c'est au tour de Maëldor de tomber sous la hache de Jorel. Une rage incroyable monte en Kalden alors qu'il se retrouve seul face aux deux géants. Mais le barbare est lui aussi à bout de souffle et ses jambes fléchissent. Pourtant lorsque Jorel tente de l'assommer, Kalden encaisse, et redouble de colère. Ce monstre d'humain refuse tout net de s'incliner devant les géants !
C'est alors qu'une flèche d'Abigadill vient se planter dans le cou de Jorel, et le géant s'effondre ! Il ne reste finalement plus qu'un seul géant à vaincre, si l'on omet celui qui garde la forteresse. Abigadill envoie Pika soutenir Kalden, et elle dirige désormais ses flèches vers le géant, qui, de son coté se concentre sur ce barbare qui se refuse à tomber, et continue d'encaisser héroïquement malgré la puissance des coups reçus ! Enfin, un coup de hache bien placé de Kalden dans le pied du géant traverse le cuir de sa botte pour atteindre les chairs. Le géant pose genoux à terre. Kalden précipite sa hache dans le torse du géant qui s'effondre, inerte. Le barbare met malgré tout quelques instants à calmer sa rage, et lorsqu'il y parvient enfin, la poitrine du géant n'est plus qu'un amas de chairs sanguinolentes.
Abigadill se précipite vers Maëldor qui semble vraiment très mal en point. Le demi-elfe est inconscient, son corps porte les traces de multiples blessures. La rodeuse craint que le pire soit arrivé ! En proie à la panique, elle se penche sur son visage, cherchant le moindre signe d'espoir. Grâce soit rendue aux dieux anciens et nouveaux : Maëldor respire encore ! Très faiblement, mais il respire ! Immédiatement la rodeuse use de son collier magique pour accomplir un rituel de soins magique sur son ami, mais rien n'y fait, Maëldor reste inconscient, immobile, s'il n'était ce fragile souffle, on le croirait mort. Puis la rodeuse s'occupe de remettre sur pied Arnvald. Lui aussi porte une vilaine blessure, mais le demi-orque est robuste : il s'en remettra rapidement.
Pendant que sa camarade s'occupe des blessés, Kalden jette un œil inquiet vers la forteresse. Il y voit un géant et des géantes en train de faire rentrer précipitamment les enfants qui étaient sortis pour encourager ceux qui devaient probablement être leurs pères ; et qui maintenant, gisent morts aux pieds du barbare.
Maëldor inconscient, Abigadill va, à contrecœur, fouiller les possessions de Jorel au cas où il s'y trouverait quelque chose d'intéressant. Elle récupère un énorme bracelet joliment orné de gemmes précieuses, une grosse clé suspendue à un cordon de l'épaisseur d'une corde, une bourse de la taille d'un gros sac, remplie de pièces d'or et d'argent, et enfin une bien plus petite renfermant quatre diamants de belle taille. Abigadill extrait de la bourse une somme qui lui semble à peu près équivalente à ce qu'ils avaient payé la veille et glisse ces pièces dans le sac de Maëldor. Puis Kalden soulève le corps de Maëldor et les compagnons descendent plus bas dans la pente pour trouver un autre endroit où installer le trou portable.
Kalden dégage un cercle de neige avec son bouclier pour exposer la terre, puis une fois le trou portable activé, Arnvald l'aide à descendre Maëldor et à l'installer sur l'une des couchettes. Dans un silence pesant, Abigadill prépare une tournée de tisanes de l'Ayath-Luach. Pendant un long moment, les héros fatigués, contrariés, et tristes restent ainsi sans parler, personne n'osant être le premier à rompre le silence.
Les héros décident finalement de profiter de la nuit et du désarroi des géants pour s'introduire dans la forteresse en passant par les trappes que Arnvald a repérées dans le sol de la terrasse, et ouvrir les grilles pour permettre de passer tranquillement avec Maëldor et Pika. Une fois la nuit bien avancée, ils se mettent en route vers la forteresse, Kalden porte le corps inanimé de Maëldor, et Arnvald brandit une torche pour éclairer le chemin pour le barbare et Pika. Les corps des quatre géants sont toujours là où ils sont tombés au combat, personne n'est descendu les chercher.
En arrivant à hauteur de la forteresse, aucune torche, aucun brasero, n'y est allumé et celle-ci semble déserte. Seule une faible lueur sortant des meurtrières de la pièce principale trahit la possibilité d'une présence, mais peut-être que les géants ont évacué. Les corps des deux loups ont été sortis et placés sur un bûcher qui attend, peut-être depuis le matin, d'être allumé. Le vent siffle dans le passage de la forteresse, mais mis à part cela, il n'y a pas un bruit. Arnvald décide de se changer en chouette pour faire un tour des lieux, et ceux-ci semblent effectivement déserts. En bas, la porte qui donne sur la pièce de vie est fermée de l'intérieur. Arnvald ressort et vient se poser dans l'une des meurtrières du rez-de-chaussée. Le spectacle à l'intérieur est désolant. Dans une demie pénombre, un géant du givre est assis seul en bout de table, devant une corne de boisson, il tourne le dos à la porte. Debout dans l'autre partie de la pièce se tiennent rassemblés deux géantes enserrant dans leurs bras leurs cinq enfants, serrés les uns contre les autres, leur silence trahit leur anxiété.
Arnvald s'en revient vers la grande roue commandant la première herse, et reprend sa forme d'origine. Avant d'actionner la roue, il prend soin d'entourer fermement les poignées de la double porte pour être certain que le géant ne viendra pas le déranger. Malheureusement, la herse est bien trop lourde pour lui, il lui faut l'aide de Kalden. Le chaman se change à nouveau en chouette pour ressortir et rejoindre ses compagnons. Là, il redevient demi-orque pour expliquer la situation à ses compagnons et récupérer une corde assez grande pour permettre à Kalden de grimper et passer par l'une des trappes. A nouveau changé en chouette, il s'envole vers la terrasse, reprend sa forme originelle, et fixe solidement la corde.
Quelques minutes plus tard, barbare et chaman unissent leurs forces pour soulever non sans mal les deux herses, tandis que Abigadill entre dans la forteresse en tirant le corps de Maëldor. Puis l'elfe dépose devant la porte le bracelet de Jorel et encourage ses amis à se presser. Néanmoins, avant de quitter la forteresse, Kalden et Arnvald trouvent dans le chenil quelques vieilles planches et assemblent une sorte de traîneau de fortune qui permettra à Kalden de tracter Maëldor. Puis, après que Arnvald ait à son tour déposé la clé de Jorel et retiré la corde qui gardait la porte fermée, ils quittent la forteresse par sa sortie ouest et s'enfoncent dans la nuit en direction de la vallée en contrebas du col.
