C'était comment avant ? 83

Forums JDR de Black Book Editions > Jeux de rôle > Archéorôlie

avatar

Lyonnais, ayant commencé le jdr dès 1981 au collège, l'avantage d'une grande ville, ce sont les boutiques, dont le relais Descartes de la Presqu'île, le seul vrai Descartes ayant existé hors de Paris.

Plus assez tôt Casus Belli, qui aidait bien à se tenir au courant.

avatar

J'ai commençé en 2000 en 5e avec un copain qui avait acheté l'appel de cthulhu v.5.5 et étant fan de Lovecraft, j'étais super content du côté encyclopédique de la chose. Argent de poche et anniversaires m'ont permis d'avoir mes premiers jdr. Vu que c'était un peu cher, j'achetais essentiellement à Mythes et Légendes à Rennes car ils avaient un dépôt vente pas cher du tout (par rapport au foutage de gueule du temple du jeu actuel confus) et j'ai trouvé des trucs complètement aléatoires... en anglais : Wolves of the Sea pour Vampire Dark Ages, premier achat et première galère à traduire. ^^


Essentiellement j'allais là bas pour voir les sorties. J'avais déjà Internet mais j'allais uniquement sur... Trouver Objet Caché. content

Les infos je les choppais dans le magasin et dans Backstab / D20 Magazine et Casus nouvelle édition.

Je suis rentré juste le samedi après le 11 septembre 2001 (lol) dans le club Enfer et contre tout et j'y suis resté pas mal d'années. J'ai une expérience très polarisé de la chose : d'un côté, je m'y suis fait quelques amis pour la vie, de l'autre y avait un côté très renfermé (pas méchant) et très 'on joue comme ça et pas autrement'. J'y suis resté jusqu'à la fac en gros.

Donc à Rennes, c'était Mythes et Légendes derrière Ouest-France et l'Amusance aux 3 Soleils (rip). Le moment d'extase c'est quand j'allais chez mon frère, étudiant à Paris et que l'allais au relais Descartes près du vieux campeur à st michel. Putain, le bonheur. Mon frère m'a acheté Les Masques de Nyarlathotep, j'y ai jamais joué mais je connaissais le livre par coeur !

Hélas, je suis tombé dans le bain pile à l'arrivée de la v3 de donj et du D20 à toutes les sauces. Donc j'ai acheté beaucoup de donj' comme Ravenloft ou des trucs moins bien comme Deadlands... D20. triste

avatar

Personnellement, j'ai toujours vécu le jeu de rôles comme une expérience corporatiste maçonnique, de gré ou pas. J'en ai déjà parlé, mais j'ai été initié dans une colo en 1986, et une connaissance de mon père atteint d'un cancer et condamné m'a legué tous ses livres en anglais, sans que quiconque s'y attende ou comprenne de quoi il s'agissait. Et ma vie entière a changée. Mon père, grand sportif, a toujours regardé cette activite avec un brin d'incompréhension et de dépit, et ma mère avec un brin d'inquiétude, me pensant enrôlé dans quelque secte sataniste. Merci Bas les maques et cette andouille opportuniste de Mireille Dumas ... Oui, je vous parle d'un temps où le gérant de l'Oeuf Cube se faisait traiter de dealer de crack par des voisins lobotomisés par les médias, et où parler du jeu de roles de la veille dans le métro se faisait à voix basse, par crainte du jugement sociétal. Alors, voir des Actual play me fait doucement rigoler aujourd'hui. Mes potes et moi avons vécu des années dans la clandestinité, dans le mépris, l'incompréhension et la pitié. Il en aura fallu du courage et de la passion pour rester rôlistes. Pourtant, on avait le sentiment d'appartenir à une communauté élitiste mais soudée. On guettait la sortie de Casus ou de Chronique d'Outremonde, et on se reconnaissait en catimini dans les rayons du libraire. On s'initiait aux jeux entre nous, de cercles en cercles, Il n'y avait pas un Foulancement par semaine ; un jeu avait le temps de développer sa gamme, son public, son assise. Bref, c'était pas l'ère du fast food ludique mais du gastronomique.

avatar

J'ai découvert le jdr dans jeux et stratégie n°4 (1980). Et directement, mon frangin et moi on s'est dit qu'il nous fallait essayer. J'ai acheté basic D&D au Furet du Nord et je me suis démené pour y comprendre quelque chose. Ca m'a permis de progresser vite dans ma connaissance de l'anglais. Quelque temps plus tard une boutique s'est ouverte à Tournai, puis un club dans un café à 100 mètres de la boutique. Et voilà, le virus y était.

Beaucoup de boutiques et clubs de wargame, ludothèques, se sont mis au, jdr, les structures existaient donc déjà et étaient prêtes à nous accueillir.

Pour se tenir au courant, rien à ajouter à ce qui est déjà dit plus haut : boutiques, casus belli, clubs, etc.

Finalement on était à peu près aussi bien informés qu'avec internet, parce que sur Internet en gros tu trouves principalement ce que tu cherches, tu découvres rarement quelque chose par hasard puisque les algorithmes te resservent chaque minute ta soupe préférée. Le souci était qu'il fallait se lever de son fauteuil et attendre les livraisons, si l'on ne pouvait se contenter de ce que la boutique avait en rayon.

En Belgique, nous n'avons pas eu de chasse aux sorcières. On nous voyait surtout comme des gens un peu excentriques, des gamins attardés, voire des fans de hard rock.

avatar

Personnellement, j'ai toujours vécu le jeu de rôles comme une expérience corporatiste maçonnique, de gré ou pas. J'en ai déjà parlé, mais j'ai été initié dans une colo en 1986, et une connaissance de mon père atteint d'un cancer et condamné m'a legué tous ses livres en anglais, sans que quiconque s'y attende ou comprenne de quoi il s'agissait. Et ma vie entière a changée. Mon père, grand sportif, a toujours regardé cette activite avec un brin d'incompréhension et de dépit, et ma mère avec un brin d'inquiétude, me pensant enrôlé dans quelque secte sataniste. Merci Bas les maques et cette andouille opportuniste de Mireille Dumas ... Oui, je vous parle d'un temps où le gérant de l'Oeuf Cube se faisait traiter de dealer de crack par des voisins lobotomisés par les médias, et où parler du jeu de roles de la veille dans le métro se faisait à voix basse, par crainte du jugement sociétal. Alors, voir des Actual play me fait doucement rigoler aujourd'hui. Mes potes et moi avons vécu des années dans la clandestinité, dans le mépris, l'incompréhension et la pitié. Il en aura fallu du courage et de la passion pour rester rôlistes. Pourtant, on avait le sentiment d'appartenir à une communauté élitiste mais soudée. On guettait la sortie de Casus ou de Chronique d'Outremonde, et on se reconnaissait en catimini dans les rayons du libraire. On s'initiait aux jeux entre nous, de cercles en cercles, Il n'y avait pas un Foulancement par semaine ; un jeu avait le temps de développer sa gamme, son public, son assise. Bref, c'était pas l'ère du fast food ludique mais du gastronomique.

Thegrom

c'est très vrai ce que tu écris. D'ailleurs en ce qui me concerne les années où j'ai le moins fait de JDR ce sont les années ou j'étais étudiants. Trop de filles, et cette image de roliste c'était le truc vraiment "uncool" qu'il fallait cacher sous le tapis.

avatar
[message supprimé]
avatar

"Chose qu'on ne pouvait pas faire avant. Y a toujours la mise en relation avec quelqu'un qui a une collection de son père. Mais le père sans internet, comment il savait que ça existait ? "

Paradoxalement, si on était curieux (et avoir la chance d'avoir des parents curieux), le jdr était facile d'accés via des portes d'entrées "mainstream".

Le fait d'étre moins poluer numériquement: 3 chaines de TV (si jamais un reportage sur le jdr ou dérivé y passait, tout le monde le voyait), peu d'ordi, peu de consoles, pas de net...

Les collections galimard et magasines (CB/graal/dragon/COM + articles dans magasines jeunesses, informatiques..) dans les librairies/papéteries/maisons de la presse (+ nombreuses) et grandes surfaces, les jdp MB et gallimard en grandes surfaces et magasins de jouets ( + nombreux)..

Tu te retrouvais vite à la récré avec un ldvh entre les mains, puis interpellé par un camarade qui connaissait, voulait connaitre ou alors avait joué au jdr avec des cousins.., puis de fil en aiguille, tu te retrouves à plusieurs et lances un oeil noir par exemple (pour mon cas).

Ensuite pour les ch'tis tu fréquentes les furets du nord (Arras et Lille) puis rocambolle et découvre d'autres jeux.

La seule difficultés de cette époque pour moi était plutot "le regard des non initiés", les grands mères, les copains footeux, les filles content qui nous voyaient comme un groupe de "gens bizarres" qui préféraient s'enfermer une après midi plutot que faire de la mobilette et fumer des clopes content .

Ce message a reçu 1 réponse de
  • matr3v3
avatar
Wotann

Paradoxalement, si on était curieux (et avoir la chance d'avoir des parents curieux), le jdr était facile d'accés via des portes d'entrées "mainstream".

Le fait d'étre moins polluer numériquement: 3 chaines de TV (si jamais un reportage sur le jdr ou dérivé y passait, tout le monde le voyait),

Pas vraiment d'accord avec ces deux affirmations. A moins d'être jeune adulte, le JDR restait inaccessible si on avait pas les parents ou les oncles / tantes un peu ex-hippies originaux versés dans le culture SF héritée de leur génération (années 1960 - 1970). Rappelons que la fantasy était tout de même une culture hyper anglo-saxonne sur laquelle il y avait peu de prise en France : dans les premiers LDVELH, gobelins et orques qui n'existaient pas dans le Larousse avaient été traduits alors par Lutin et Farfadet, ça montre le décalage en termes de cultures de l'imaginaire.

Quant à la TV à part l'émission sur la 5, y'a jamais rien eu (ou quasiment rien eu) sur les ondes hertziennes jusqu'à ce qu'on se tape la merde de la Télé Réalité.

Le seul aspect qui me semble permettre un accès mainstream est que les produits (LDVELH et certains JDR) étaient en effet dans les grands circuits de distribution (Librairies et Grandes Surfaces) et c'est surtout leurs couvertures qui tranchaient nettement, et qui ont aidé pour l'appel à l'imaginaire, et de franchir le pas alors que les produits étaient incompréhensibles, faute que le loisir soit connu.

avatar

En effet, je démarre mon propos avec:

"si on était curieux (et avoir la chance d'avoir des parents curieux)". Mes parents sont loins de la SF et de la fantasy mais en effet soixante huitards qui semblaient satisfaits de me voir avec des livres entre les mains.

Pour les reportages, mes souvenirs sont flous mais je me souvient d'au moins 2 (temps X? salut les ptits clous?) et je n'avais pas la 5. Le lendemain, on était surexité à la récré.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • matr3v3
avatar
Wotann

Exact, il y a eu Temps X. Et puis des références indirectes avec par exemple le jeu nanar télévisé Le Chevalier du Labyrinthe, ou les débuts de Fort Boyard (où les participants étaient au début des quidams lambdas, et pas des personnalités à l'ego tête-à-claques). Mais la TV était quand même hyper verrouillée pour une activité vue comme complètement ringarde et marginale, voire dangereuse ensuite pour la société.

En revanche, il y avait un peu plus d'ouverture avec les radios : les stations locales qui allaient parfois couvrir une convention, ou certaines fréquences pas forcément facilement accessibles mais où des rôlistes avaient réussi à prendre du temps d'antenne, voire faire une émission régulière.

avatar

A moins d'être jeune adulte, le JDR restait inaccessible si on avait pas les parents ou les oncles / tantes un peu ex-hippies originaux versés dans le culture SF héritée de leur génération (années 1960 - 1970).

matr3v3

Mes parents ne rentraient pas du tout dans cette catégorie et j'ai quand même découvert le JDR à 11 ans, au travers des LDVLH + boite oeil noir dans les grandes surfaces. Donc j'aurais tendance à dire que ce n'est pas vraiment indispensable d'avoir une personne proche "dans le coup". Cela a pu devenir vrai dans les années/décennies suivantes, mais pas dans les années fin 80 début 90 en tout cas, et clairement pas partout.

Comme je l'ai raconté précédemment, dans mon cas à moi ma découverte a peut-être été un peu "précipitée" par le fait que j'avais croisé par hasard un autre ado qui en lisait, mais ce n'est certainement pas lui qui m'a aidé - au contraire - je pense cependant que de toute façon j'aurais fini par tomber dedans, y'en avais plein ma librairie, et dans les grandes surfaces. Je ne veux pas généraliser, mais j'ai vraiment beaucoup de gens de ma génération autour de moi et au fil des rencontres qui a découvert le JDR assez tôt, avant le lycée, ou au tout début du lycée, et sans avoir de parents ou de proches dans le coup, plutôt le contraire, des parents ou proches réfractaires.C'était un bouche à oreille entre jeunes, qui s'étendait dans les bibliothèques, les CDI, les clubs d'échecs, etc.

J'ai aussi croisé des gens qui ont appris avec les frère, les cousins, voir plus tard, dans les générations suivantes les parents. Je ne dis pas que ça n'existe pas. Au contraire. Mais même eux, y'a bien eu une personne de leur entourage au début qui a commencé en découvrant les jeux par hasard, en boutique par exemple. Je pense qu'il n'y a pas de vérité absolue dans ce domaine. Je ne sais même pas si on peut vraiment dégager des tendances. Cependant, faut pas négliger la curiosité ET le simple fait que les jeux étaient là, juste à côté d'autres jeux de société ou livres jeux, et que c'était finalement assez facile de tomber dessus.

L'imaginaire (au travers des livres, des jeux, de rôles ou pas) était beaucoup moins cher que les jeux vidéos et y'avais justement pas d'internet pour polluer (hijacker presque) le temps de cerveau. Je crois que ça a pu aussi faire partie du facteur de succès des jeux de plateaux et de rôles (toute proportion gardée, évidemment, un succès relatif, de niche). Même les jeunes qui avaient accès aux jeux vidéos début des années 90 via les consoles ou ordis, c'était "limité" par rapport à l'évasion qu'on peut obtenir avec un JDR. Alors, oui, c'était marginal(isé) mais c'était aussi un moyen d'appartenir à une "tribu" avec les mêmes centres d'intérêts.

avatar

Pour ma part, j'ai mis le pied à l'étrier quand ma mère m'emmenait le mercredi dans une librairie pour enfants qui vendait des LDVELH (au milieu de livres et bibelots pour les 3-8 ans...)

Je ne savais pas encore que c'était du JDR, mais j'adorais ces livres qui me permettaeint de choisir mon aventure. J'aimais moins me retrouver coincé ou "mort..." (certains livres que je n'ai jamais fini, je crois que ça pouvait boucler...)

Puis le début du lycée, les jeux vidéos, premières LAN party, mais toujours pas de jdr autour d'une table... Quand un soir de vacances d'hiver (j'étais encore au lycée...), un copain revient de sa première année d'école d'ingé' avec un livre bleu, et des symboles bizarres dessus. Il nous sort une fiche qu'on met toute une soirée à remplir, avec une masse de questions à répondre pour s'imaginer entrer dans le corps d'un personnage... et incarner un être de pure magie : Ma première partie de jdr dans l'univers de Néphilim fut une claque, et j'ai adoré. Cette soirée session zéro (et les parties liées) ont créé par la suite notre petit groupe de joueurs (entre copains) dans le village... Parfois, d'ailleurs, avec mon frère, on reparle de Nephilim, ça l'a marqué lui-aussi.

Avec le recul, nos parents étaient très ouverts d'esprit, nos laissaient faire, simplement comme des jeunes qui s'amusent autour d'une table plutôt que traîner dans l'abri-bus du village. On faisait le bazar certaines soirées, morts de rire à 1h du matin dans la cave du copain, après des actions débiles sur Toon, au point que les parents venaient nous voir en robe de chambre nous demander de faire moins de bruit.

A l'école, on nous regardait bizarrement quand on commençait à parler de nos exploits imaginaires... et je crois qu'à cette période, ces conversations dans les cours de récré baissaient notre charisme envers la gente féminine...

Sinon, les sources d'information étaient LA boutique spécialisée en Jdr, les copains, et les magazines en kiosque (Casus Belli puis Backstab) qu'on achetait entre 2 parties de flipper, en attendant notre train, entre la maison et le lycée (puis la fac). A l'époque, trouver l'information sur les sorties Jdr était simple (bouche à oreille, magazine et la boutique). Pour créer ses scénarios, c'était différent : les livres d'histoire / géo, les BU / CDI, ou feuilleter des bouquins à la FNAC étaient mes sources d'information pour imaginer des scénarios ou des contextes...

Après une pause très-très longue (les copains partis à droite à gauche pour les études, boulot, touçatouça), je suis revenu à cette madeleine de Proust qu'est le Jdr, internet ayant remplacé un peu tout ça. L'information est disponible mais au milieu d'un "bruit" certain, rendant parfois difficile de trouver la bonne information vu le nombre de vecteurs accessibles sur le net (les discords, forums, chaines youtube, pages des éditeurs, les pages de financements, etc.) ... Et je trouve que visionner une vidéo pour avoir l'information faire perdre un temps monstrueux, mais tout le monde s'y est mis allègrement...

Si je regrette quelque chose du "bon vieux temps", c'est cette centralisation des sources d'informations : je savais facilement où chercher l'info, pusiqu'elle n'était pas "partout". Heureusement que quelques forums très actifs tels BBE reprennent le job, ou quelques bonnes chaines youtube (mais il faut visionner, encore une fois, je mets moins de temps à lire qu'à visionner des vidéos...). Et je suis triste pour JDRMag, le seul magazine que je pouvais trouver en kiosque...

Mais je ne boude pas mon plaisir de voir toutes les offres que je n'arriverai sans doute jamais à lire / jouer, que les financements participatifs ont permis de très beaux projets et rééditions de jeux que je n'avais pu acheter à l'époque, que des systèmes existent pour des jeunes enfants... Bravo à cela !

avatar

Mes parents ne rentraient pas du tout dans cette catégorie et j'ai quand même découvert le JDR à 11 ans, au travers des LDVLH + boite oeil noir dans les grandes surfaces. Donc j'aurais tendance à dire que ce n'est pas vraiment indispensable d'avoir une personne proche "dans le coup". Cela a pu devenir vrai dans les années/décennies suivantes, mais pas dans les années fin 80 début 90 en tout cas, et clairement pas partout.

Les miens non plus, mais comme moi, c'est parce que tu en as entendu parler par un copain qui lui-même en avait entendu parler par un copain (ou grand frère), qui lui-même... et c'est là où on retombe en général sur l'oncle ou la marraine hippie, où le grand cousin à l'université qui avait trouvé un groupe de jeu... A 11 balais, on fréquentait rarement les librairies et les grandes surfaces en solo, et encore moins avec l'argent de poche nécessaire pour se payer un jeu.

Je tempérerai quand même cette affirmation concernant les LDVLH où les couvertures comme je mentionnais ont beaucoup aidé pour faire des achats impulsifs (et comme je notais, si ça permettait de nous faire lire plutôt que de regarder la TV, les parents craquaient en général puisque ça se limitait au prix d'un bouquin). Mais il fallait en général ensuite un accident plus qu'un achat réfléchi pour que les parents se procurent L'Oeil Noir (un JEU dont vous êtes le Héros), et qu'on se retrouve avec un vrai JDR en mains s'ils n'avaient pas été téléguidés précisément sur quel produit acheter.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • jtrthehobbit
avatar
matr3v3

A 11 ans, je laissais les parents et grands parents faire les courses, en restant au rayon livre de poche seul et ils repassaient me chercher à la fin des courses. Mes proches m'achetaient, dans les limites de leurs moyens, ce que je demandais / ce qui m'intéressait, sans forcément eux même adhérer ou s'y intéresser. Il faut arrêter de généraliser avec votre histoire de hippie sans fondement. Il faut arrêter de croire que des jeunes n'ont pas pu à l'époque s'intéresser spontanément à des choses auxquelles leur entourage ne les predisposait pas.

Ce message a reçu 1 réponse de
  • matr3v3
avatar

A 11 ans, je laissais les parents et grands parents faire les courses, en restant au rayon livre de poche seul et ils repassaient me chercher à la fin des courses. Mes proches m'achetaient, dans les limites de leurs moyens, ce que je demandais / ce qui m'intéressait, sans forcément eux même adhérer ou s'y intéresser. Il faut arrêter de généraliser avec votre histoire de hippie sans fondement. Il faut arrêter de croire que des jeunes n'ont pas pu à l'époque s'intéresser spontanément à des choses auxquelles leur entourage ne les predisposait pas.

jtrthehobbit

Comme je le mentionne page précédente, dans mon expérience les adultes qui jouaient dans les années 80 étaient plutôt des adultes en contact (in)direct avec des américains. (expat, force armées, institutions, ...) plutôt que des hippies 😀 .

Et comme jtrthehobb, mes parents n'avaient pas vraiment d'intérêt pour la SF / la fantasy / le jdr mais achetaient ou suggéraient des livres et jeux dans ces genres puisque cela m'intéressait. Mon père m'a ramené des suppléments jdr et des livres sur Tolkien introuvables en Europe (hors UK) depuis New-York par exemple. Et très tôt on me lâchait dans la bouquinerie locale sans restrictions particulières.

avatar

Alors, pour ma part, ma découverte s'est faite sensiblement de manière différente. À l'époque, j'habitais à Istres et il y avait eu pour le salon du jeu et du jouet (de mémoire vers 1987) une exposition des figurines et des gens qui avaient des tables de jeu où il y avait des démos... J'étais scotché devant du haut de mes 11-12 ans parce que les petites histoires en lien avec les livres que je lisais prenaient vie ! J'étais résolu à m'acheter derrière la boite rouge et j'avais écumé les supermarchés du coin sans résultats... Un peu après, dans une boutique à Salon-de-Provence, j'étais tombé sur la boite et vu le prix (quelque chose comme 250 Fr), c'était complètement hors de mes moyens...

Peu après, j'ai déménagé dans une autre ville encore plus petite au fin fond de la Savoie et j'avais un voisin qui avait la boite en question ^^. Je lui ai emprunté et entièrement recopié (oui, j'étais motivé). J'ai ensuite demandé à quelques copains de tester le truc avec moi et c'est comme ça que j'ai commencé, en total autodidacte. Alors oui, je ne comprenais pas forcément certaines règles, mais à force de lecture / relecture, etc., on a fini par trouver comment gérer les points qu'on ne comprenait pas.

Pour se tenir au courant de ce qui sortait, c'est quand j'allais à Chambéry dans les boutiques spécialisées (ou j'ai acheté assez vite ADD2 quelques années après), et à l'entrée au Lycée. Là, il y avait un club et un abonnement à Casus 1. C'était ma seule source d'information sur les sorties. N'ayant pas de boutiques locales, n’ayant pas accès aux boutiques locales ni à Internet, c’était plutôt difficile quand on habitait hors des grandes villes. Je me rappelle aussi les commandes à distance via les encarts publicitaires (temple du jeu et Philibert, il me semble) où on découpait ou photocopiait les trucs pour cocher les cases pour passer commande des articles proposés.

avatar

Je me rappelle aussi les commandes à distance via les encarts publicitaires (temple du jeu et Philibert, il me semble) où on découpait ou photocopiait les trucs pour cocher les cases pour passer commande des articles proposés.

Evensnalgonel

Et on glissait un... chèque dans l'enveloppe ! surpris

Ce message a reçu 1 réponse de
  • Evensnalgonel
avatar
Cassius Clef

Ouaip ! et on stressait un peu que le courrier ne se perde pas en route ^^ (ça représentait à l'époque pour moi une véritable fortune à sortir).

avatar
jtrthehobbit

Contrairement à ce que mon ton un peu insistant peut laisser apparaître, je ne cherche à rien démontrer, et c'est d'ailleurs pour ça que j'invite chacun à laisser son témoignage sur le GROG. Il nous manque un travail d'historien pour vraiment départager comment le JDR a émergé en France pour renvoyer au titre "c'était comment avant", et je suis convaincu que toutes les histoires personnelles permettraient de fournir la matière pour en dégager les grandes tendances le jour où ce travail d'historien se penchera sur les bios du GROG, qui sont en général assez édifiantes et racontent des histoires similaires.

On retrouve une amorce de cette réflexion dans les dernières interviews de D. Guiserix, avec une lecture je trouve très intéressante que le JDR a commencé à prendre plutôt par des jeunes adultes dans les milieux universitaires, par rapport à ses souvenirs et en mentionnant les premières conventions et les premiers clubs. C'est pour ça que j'ai tendance à minorer la partie découverte spontanée par des générations plus jeunes. Mais il faudrait également tempérer cet argument à cause de l'impact des LDVELH : s'ils n'ont pas forcément renvoyé de façon évidente vers le JDR, ils ont en revanche ouvert un boulevard vers les cultures de l'imaginaire.

avatar

L'idée du "jeu de rôle inaccessible" et donc réservé à un milieu au contact des bonnes personnes dans les année 80 est factuellement ... faux content ou du moins c'est une vision biaisée ne prenant en compte qu'une partie de la zone de développement du JDR à cette époque.

Il y a eu une toute première avant garde qui, en effet, par ses contacts culturels a pu recevoir les premiers livres en anglais de D&D, s'y intéresser et commencer une pratique... mais cette vague date d'avant le milieu des années 80, cette vague était limitée au métropoles et aux milieux universitaires en grande partie.

Mais là où la vague JDR a pris une ampleur décuplée , c'est avec l'avènement des livres dont vous êtes le héros et le coup de génie commercial qu'a été la 1ere édition de l'Oeil noir : se présentant comme une suite logique aux LDVELH et surtout ... surtout ... vendu en grande surface et autres commerces généralistes. Cette diffusion hors des réseaux des milieux "avertis" a été le grand soir du JDR en France, sortant le loisir de son carcan métropolitain pour lui donner largement accès au public de province.

Ceux qui ont vécu cette époque de rappelleront comme moi que l'Oeil noir était souvent perçu comme un JDR "tout public" et donc peu respecté par certains "sachant" qui ne voyaient que par le cryptique D&D venant d'outre atlantique content

Je pense que le milieu fondateur du jeu de rôle en France c'est aggloméré par le rencontre de ces deux phénomènes... créant une base de public suffisante pour permettre un développement d'une base de consommateurs pour les premiers magasines , et les nouveaux jeux arrivant (y compris en VF)

Archéorôlie

Parce que les jeux sont éternels et que même 30 ans après on peut encore y jouer. Venez nous raconter comme c'était mieux avant ! clin d'oeil

Préférences
Couleur des liens :