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une p'tite news, une!

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Late pledge ouvert

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et hop!

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Dernière news du FP. Je sais pas pourquoi le fil sur le FP est fermé, donc ici c'est FP et discussion sur l'univers et les romans ?!

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Terry Pratchett - Disque-monde: Aventures à Ankh-Morpork

Bonjour à toutes et tous,

Voici quelques nouvelles de Disque-Monde : Aventures à Ankh-Morpork !

Nous continuons à avancer sur la traduction, une étape exigeante et passionnante. Ce travail est particulièrement délicat : toute l’équipe tient à préserver la saveur et l’esprit si particulier du Disque-Monde, ce ton inimitable qui en fait une œuvre à part.

Le livre de base est désormais terminé, et nous disposons des fichiers des autres ouvrages pour entamer la suite.

Dès que la maquette du livre de base sera terminée, nous procéderons à une nouvelle passe de relecture avant de le confier aux bons soins de Patrick Couton pour une ultime validation.

Nous n’y sommes pas encore, mais nous prenons le temps nécessaire pour vous livrer la meilleure adaptation possible.

En attendant…

Nous vous invitons à découvrir cet article écrit par Sandy Julien, traducteur du jeu, qui revient sur son travail de traduction et d’adaptation

" (Re) traduire le Disque-monde

Hello les aminches,

C’est Sandy Julien, le vieux traducteur barbu qui s’occupe des ouvrages d’Aventures à Ankh-Morpork. J’avais envie de vous parler un peu de cette traduction, de son déroulement et des problèmes qui peuvent se poser lors d’un tel travail.

Quand Arkhane m’a proposé de traduire le « jeu de rôle du Disque-monde », j’ai immédiatement accepté. Je suis fan de l’œuvre de Pratchett, qu’il s’agisse de la cinquantaine de romans du Disque-monde, des gnomes (une trilogie qui me fait toujours mourir de rire) ou même d’œuvres moins connue comme les aventures de Johnny Maxwell (si vous avez de jeunes lecteurs chez vous, c’est une formidable trilogie à leur faire découvrir !). C’est une proposition à laquelle on ne dit pas non !

J’avais déjà relu pour EDGE la version française de GURPS Discworld, traduite par Tristan Lhomme (excusez du peu !), et je me rappelle un détail particulier de cette relecture : Tristan avait laissé le nom Hodgesaargh en anglais. Ce détail m’avait surpris, moi qui venais de relire le cycle des sorcières (mon préféré, alors que je sais que la majorité des fans préfèrent le Guet, mais que voulez-vous, je suis ultra-fan de Nounou Ogg et de Mémé Ciredutemps !), le reste du bouquin ayant été traduit avec un grand respect pour l’adaptation d’origine par le formidable Patrick Couton. J’avais donc corrigé (le nom en français est Hodgesouille) en bombant le torse, ravi d’avoir été « plus malin » que Tristan.

En oubliant bien sûr qu’il lui avait fallu traduire tout le reste, retrouver la moindre référence, à une époque (2008-2009) où on ne disposait pas d’autant d’outils qu’aujourd’hui (et notamment en matière de fichiers ePub où chercher facilement un nom ou un événement). Lui avait fait le gros du travail, et ma contribution se limitait à un seul nom dans l’ouvrage (en plus de quelques petites corrections ici et là), mais j’étais tout fier quand même (comme un abruti).

En traduisant le livre de base d’Aventures à Ankh-Morpork, j’ai donc eu droit à un beau retour de bâton karmique. Entre-temps, plusieurs nouveaux romans sont parus, et l’univers du Disque-monde s’est encore étoffé jusqu’à la disparition de Pratchett en 2015. Et Aventures à Ankh-Morpork présente quelques beaux morceaux à traduire, notamment une énorme liste de noms de personnages. N’importe quel fan de Pratchett ayant lu quelques romans en VO et en VF identifie sans difficulté des noms comme Weatherwax ou « the Throat », mais lorsqu’on arrive à des choses comme Wheelbrace ou Bearhugger, l’exercice se complique considérablement. On peut s’appuyer, bien sûr, sur l’excellent Vade-mecum nec plus ultra, mais il y a de quoi faire ! Il faut parfois aller chercher une formule déjà traduite, cachée dans un roman, pour la reproduire telle quelle afin de ne pas perdre la saveur du travail de M. Couton.

Au-delà de la traduction des noms (et bien sûr des prénoms, qui ont très souvent été francisés), le texte présente le genre de difficulté qui me rappelle un de mes premiers faits d’armes : la gamme de jeu de cartes Munchkin publiée chez Edge (encore !). Ce genre d’adaptation (c’est ainsi que Gilles Garnier m’avait présenté le travail : « on ne veut pas qu’une traduction, mais une adaptation ») fait cogiter le traducteur de la façon la plus délicieuse possible, mais il arrive qu’on tombe sur un os. Pour Munchkin (et ses très nombreuses extensions, dont une série lovecraftienne qui avait nécessité des blagues tirées par les cheveux à la limite de la calvitie forcée), j’avais développé une méthode : traduction de l’ensemble, puis je notais les jeux de mots qui ne m’étaient pas venus d’emblée sur une feuille, que je placardais devant mon bureau. Au fil des jours qui suivaient, et en faisant généralement autre chose, je résolvais à peu près une moitié des problèmes de traduction. Et finalement, je me donnais un ou deux jours pour bosser de nouveau dessus, après avoir pris un peu de recul. En général, sur une extension de Munchkin, je comptais une petite douzaine de termes « difficiles » (vous savez donc que certaines cartes ont demandé une journée de travail alors qu’elle comprennent deux lignes de texte !). J’ai employé la même méthode pour Ankh-Morpork.

Au terme de ma première passe de traduction du livre, je comptais une centaine de formules, tournures et titres, exception faite de l’immense liste de noms et de prénoms. Au fil des semaines et des relectures, cette liste s’est amincie, jusqu’à ce qu’il ne reste plus énormément de soucis à régler. Une ultime passe aura lieu lors de la relecture maquette, mais j’ai enfin résolu l’essentiel (et Patrick Couton lui-même devrait jeter un coup d’œil au texte final, ce qui n’est pas la moindre des garanties de qualité ! Notez au passage qu’il n’emploie pas de glossaire excepté pour les innombrables noms de rues, et que lui fait tout de tête !).

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous une partie de ce processus, au travers de deux exemples choisis. Le premier porte sur le titre d’une des aventures du livre. Celle-ci met en scène l’émancipation des naines et le racisme anti-nain à Ankh-Morpork (le jeu, comme Pratchett, ne recule pas devant les sujets d’actualité !). Et elle s’intitule Little Women. Il s’agit bien évidemment de faire référence à ces « petites femmes » que sont les naines et, dans la grande tradition pratchettienne, d’y ajouter un petit rappel à une œuvre littéraire, en l’occurrence le roman Little Women de Louis May Alcott, traduit chez nous sous le titre…

Les Quatre Filles du docteur March.

(À l’époque, on n’hésitait pas à adapter, et pour le coup, de fort élégante manière.)

Pas question, donc, d’employer ce titre : il n’est pas question de quatre filles dans le scénario (on y voit un groupe de naines, certes, mais on ne peut pas les qualifier de « filles », ce sont bien des femmes adultes) et celui-ci ne comprend pas non plus de docteur. Ce qui n’empêche pas de chercher malgré tout à le retranscrire, peut-être avec une référence à la taille ? Utiliser « marchepied » pour remplacer March, et… Non, vraiment pas, au bout du compte (même s’il ne faut jamais considérer qu’un jeu de mots est impossible, comme le prouve constamment la traduction de M. Couton !). N’oublions pas que le titre ne doit pas seulement être un jeu de mots : il est censé couvrir le contenu du roman, ou dans ce cas, du scénario (jetez un coup d’œil aux traductions des titres des romans, il y en a de tout simplement géniales, comme Les zinzins d’Olive-Oued !).

Je suis donc allé chercher du côté du sens : c’est un scénario consacré à la haine. Un mot très proche de « naine » : la piste m’a mené aux expressions et formules utilisant ce mot. Le scénario sera donc baptisé « Pourquoi tant de naines ? », ce qui correspond bien à son thème (la présence de plus en plus de naines agace les réactionnaires), tout en évoquant la formule « pourquoi tant de haine ? »

Deuxième exemple : dans ce même scénario figure un bar appelé en anglais le « Fish and Chipped coin ». Là, on est dans le jeu de mot de haut vol : les « fish and chips » sont des bars populaires (et dans le scénario, celui-ci accueille des clients particulièrement bas de plafond et pleins de haine). Son enseigne est un poisson qui mord une pièce, pour illustrer le jeu de mots : « chipped » signifie ébréché, et on a donc un établissement baptisé « le poisson et la pièce ébréchée ».

Ici, on se trouve dans un cas un peu plus compliqué : le jeu de mots porte à la fois sur la nature d’un élément de contexte et sur le symbole qui le représente dans le récit. C’était la situation standard dans Munchkin : non seulement il fallait rester fidèle aux jeux de mots des titres, mais aussi conserver la cohérence avec les illustrations des cartes par John Kovalic, ce qui n’était pas toujours facile. On tombe parfois sur des choses qui tombent sous le sens, tandis que pour d’autres, il faut cogiter ferme (parfois avec l’aide de camarades traducteurs quand on se retrouve dans une impasse absolue).

Comment choisir la bonne adaptation ? C’est celle qui vous fait rire, en particulier s’il faut un petit moment de réflexion pour comprendre le gag. Et dans le doute, on présente le jeu de mots à quelques amis et amies pour voir si ça fonctionne ou pas.

Dans ce cas, j’ai d’abord cherché l’équivalent en France des « fish and chips » : ce sont les bars et établissements les plus populaires, qui portent souvent des noms comme « le café du commerce » ou le « café des sports ». En dernière extrémité, et en particulier dans le cas d’un texte (plutôt que d’une illustration visuelle, comme sur une carte à jouer de Munchkin), on peut modifier la totalité du texte, mais c’est un pis-aller : par exemple, rebaptiser l’établissement « café des spores » et décrire son enseigne comme un gros champignon entouré d’un nuage. J’avais tout de même envie de conserver cette enseigne réunissant une pièce et un poisson. J’ai donc écumé les synonymes et le champ sémantique de ces deux mots. J’aurais pu partir vers « écaillé » (La pièce écaillée fonctionnait plutôt bien !), mais c’est en songeant qu’une pièce, c’est de la monnaie, une « espèce », que je suis arrivé au nom de ce bar mal famé : L’Espèce de Poisson. Il faut réfléchir une petite seconde pour comprendre le nom quand on voit ou lit la description de l’enseigne, et on reste dans le cadre voulu. Au passage, on aura malheureusement perdu la nuance « café populaire », mais on ne peut pas toujours tout avoir !

Ces deux petits exemples vous permettent de comprendre le processus, et j’espère surtout qu’ils soient une occasion pour vous de vous repencher sur les romans du Disque-monde et de voir peut-être d’un œil plus averti l’immense travail qu’a pu représenter la VF de ces romans : certains jeux de mots sont tout à fait géniaux (et ne parlons même pas du ton, du rythme et de l’élégance des dialogues !).

La traduction de ce premier ouvrage est achevée et en relecture. Les suivants sont en cours, selon la même méthode : consacrer un peu de temps supplémentaire aux jeux de mots pour rester dans la lignée de Pratchett… et de Couton, bien sûr !

Ce qui est certain, c’est que le jeu est formidable, particulièrement fidèle à l’univers du Disque-monde et rempli d’outils permettant de développer des intrigues originales où lancer des personnages hilarants.

J’ai hâte de l’avoir entre les mains, tiens…

Ah mince, du coup, il faut que je m’y remette ! À bientôt ! "

Sandy Julien

Merci encore pour votre soutien, votre patience et votre attachement à ce projet si particulier.

À bientôt pour de nouvelles neuves !

— L’équipe d’Arkhane Asylum

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Il va falloir attendre un peu avant de le recevoir celui là, mais ça devrait être bien bon

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Des gens ont eu/vu des retours sur les ouvrages bonus ? (Les rue les moins connues, Ankh-Morpork au fil des ages, etc ...). Car ils ont normalement été fournis en PDF aux souscripteurs de la campagne VO.
Bref, histoire de connaître un peu le nombre de pages, ou voir si il y a déjà des retours sur leur intérêt.
J'ai 10 jours pour finaliser mon pledge, et je ne suis pas certain de prendre tous les suppléments clin d'oeil

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et hop!

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et hop!

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Content de voir que ça suit son bout de chemin! Je checke aussi de temps en temps le kickstarter VO, et la dernière news permet de voir les versions imprimées, si ça vous intéresse: Kickstarter VO

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la news du jour!

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